Editorial E&S N°65Quand j'avais 20 ans, j'ai trouvé naturel de fonder une famille et d'avoir des enfants. Cela ne m'a pas empêché de battre le pavé dans les années 1970, pour revendiquer et obtenir le droit de choisir d'avoir ou non des enfants. Depuis lors, les femmes refusent de n'être qu'un « ventre » et font valoir le droit à disposer de leur corps qui est un principe fondamental des droits humains et des libertés individuelles.
Le droit est acquis. Reste le choix ! Les critères sont nombreux et variés. Dans le désordre : la difficulté à concilier vie familiale et vie professionnelle, avec le manque de solutions de garde et d'accueil ; le besoin de préserver du temps pour soi, pour s'épanouir ; le partage des tâches toujours aléatoire ; les difficultés économiques, l'égalité salariale encore à conquérir ; les conflits partout dans le monde, et les menaces de guerre à nos portes, avec l'augmentation des budgets militaires et le rétablissement du service militaire ; les faits quotidiens de violence, les bouleversements climatiques...
Les jeunes femmes d'aujourd'hui, les jeunes couples sont-ils plus égoïstes, ou seulement plus conscients de ce contexte peu encourageant ?
Ils sont partagés entre le désir d'enfants et tous les obstacles à franchir qui sont bien réels. « Il suffirait de presque rien » pour : résoudre les problèmes de garde, de logement, réaliser l'égalité salariale pour permettre de financer tous les services utiles pour élever son enfant dans les meilleures conditions possibles, redonner toute sa valeur au couple dans la complémentarité et le partage. « Il suffirait de presque rien », si ce n'est surtout une volonté politique, les moyens humains
le 20 mars 2026,
Annie PETIT, Secrétaire Nationale