Editorial

2010 Des vœux pour les jeunes !
La dernière grande réforme gouvernementale concerne les retraites : elle couronnera l'abandon du système social Français en remplaçant la solidarité nationale par un système assurantiel.
On gardera le nom de retraite par répartition pour constituer une retraiteminimum qui, n'en doutons point, ressemblera comme deux gouttes d'eau au minimum vieillesse qui est en dessous du seuil de pauvreté français... lequel est lui même en dessous du seuil de pauvreté européen...
Pour les services Publics, le mal est déjà fait : suivez la route jalonnée de cadavres de France télécom/Orange et celle de la poste et découvrez les méthodes modernes de l'exploitation de l'homme par l'homme et la désertification rurale ; la SNCF toujours « service public » vient de lancer son ballon d'essai en vue de supprimer les TGV les moins rentables ; EDF public est dirigée par VEOLIA privé avant sa mise à mort ; les autoroutes bradées au moins offrant viennent d'offrir leur efficacité douteuse aux « clients » ; les télécommunications françaises sont parmi les plus chères au monde et ne couvrent plus nécessairement tout le territoire ; les PTT sont devenues une banque comme les autres... avec leurs magouilles financières qui repartent comme si la crise n'avait été !
Quant au système de santé la carte bleue est en train de remplacer la carte vitale : hausse des tarifs hospitaliers, dépassements d'honoraires, suppressions d'hôpitaux, déremboursements…
Les maisons de retraites sont inabordables pour une bonne partie de la population vieillissante et les
prothèses auditives, oculaires et dentaires sont si chères (même fabriquées en chine) et si peu
remboursées que s'en est devenu une véritable industrie du luxe.
Ne nous faisons pas d'illusions sur les retraites : défenseurs et pourfendeurs sortent des mêmes écoles et des mêmes milieux sociaux, convaincus que taxer le capital d'une manière ou d'une autre fera fuir le capital.... Comme si les paradis fiscaux n'avaient pas déjà réglé le problème !
Oui, le monde a changé, les travailleurs sont moins nombreux du fait de la mécanisation et de l'informatisation des tâches. Ils sont également moins nombreux du fait des délocalisations et les deux aspects de ce problème ne sont pas prêts de cesser... Par contre si les vieux sont plus nombreux aujourd'hui du fait du « baby boom » d'après guerre ils seront moins nombreux n'en doutons pas dans quelque temps et cela nos politiques auraient du le prévoir et agir en conséquence.
Il faut donc et avant tout réformer le financement de l'assurance maladie : les industries qui se
goinfrent en réduisant le personnel doivent payer plus, les assurances et les banques qui font des
profits pharamineux doivent payer plus, les « picsous » de toute nature qui baignent dans leurs salaires éhontés, dans leurs stock-options, dans leurs délits d'initiés doivent payer...
Et alors, alors seulement on pourra voir s'il faut allonger l'âge de la retraite ou augmenter les cotisations !
Et je vous dis, à toutes et à tous, que la retraite est un moment merveilleux, un espace de vie
libérée. Nous avons la possibilité de réaliser librement ce qu'on n'a jamais pu faire en tant que
salarié ou indépendant (artisan), un moment de vie où nous pouvons nous ouvrir vers les autres par de multiples activités sans craindre de perdre son emploi, de briser sa carrière, un moment de vie où nous pouvons aider notre famille, notre prochain... Un moment de vie que nous avons espéré toute notre vie, qui se réalise enfin et que l'on vit pleinement quelque soient nos revenus.
C'est cet espoir là qu'il ne faut pas tuer dans l'œuf au nom de la rentabilité immédiate des prédateurs financiers et politiques, car les jeunes d'aujourd'hui comme ceux de demain doivent avoir l'espoir de vivre enfin librement leur vie une fois leur parcours professionnel terminé... Mais auront-ils ils encore un parcours professionnel si nous cédons toujours aux exigences de ceux qui haïssent la solidarité nationale parce qu'elle est le seul frein au pillage de la Nation, de ceux qui sont intouchables parce que les lois sont faites pour eux et par eux, de ceux qui recommencent leurs magouilles financières jusqu'à la prochaine crise que nous paierons, une fois encore....
Réfléchissez, réfléchissons et dites vous bien que ce qui paraît impossible aujourd'hui devait l'être tout autant à ceux qui créèrent la République laïque, à ceux qui créèrent les services publics, la sécurité sociale, la retraite par répartition et pourtant....ils l'ont fait !
Claude BERNARD
Président National
le 25/01/2010



